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Mamou : Deux agentes de santé écopent de prison après l’abandon d’une femme en plein accouchement

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Le Tribunal de Première Instance de Mamou a rendu son jugement ce mardi 19 mai 2026 dans l’affaire qui avait profondément choqué l’opinion publique guinéenne : celle d’une femme contrainte d’accoucher devant un centre de santé, sans assistance médicale.
Après examen du dossier, la juridiction correctionnelle a prononcé la relaxe de Mme Maningbè Kandé, responsable du centre de santé de Soyah. Le tribunal a estimé que les preuves présentées au cours des débats ne permettaient pas d’établir sa responsabilité dans les faits reprochés.
En revanche, deux autres agentes de santé, Mme Maïmouna Djiba Sow et Mme Cécile Balamou, ont été reconnues coupables de non-assistance à personne en danger. Le juge Mamadou Yaya Sow, président du TPI de Mamou, les a condamnées chacune à 15 mois de prison, dont 12 mois avec sursis, ce qui correspond à trois mois de détention ferme. Elles devront également verser une amende de trois millions de francs guinéens chacune.
Cette affaire trouve son origine dans un drame survenu dans la nuit du 2 mai 2026 à Soyah, une sous-préfecture située à environ quinze kilomètres de Mamou. Mariame Diallo, en travail avancé, s’était rendue au centre de santé local aux alentours de minuit. D’après plusieurs témoignages recueillis après les faits, la parturiente n’aurait bénéficié d’aucune prise en charge immédiate et aurait finalement accouché à même le sol, devant l’établissement sanitaire, dans des conditions particulièrement difficiles.
Son mari, Mamadou Bailo Diakité, avait expliqué qu’il était resté auprès de leur enfant malade lorsque les contractions avaient commencé. Il avait alors demandé à une proche d’accompagner son épouse au centre de santé avant de les rejoindre. Mais malgré l’urgence de la situation, aucune assistance adéquate n’aurait été apportée à la jeune femme.
Les images relayées après le drame avaient provoqué une forte émotion au sein de la population et alimenté de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Face à l’ampleur de l’indignation, le parquet de Mamou, dirigé par le procureur Maurice Onivogui, avait rapidement ouvert une procédure judiciaire, menant à l’arrestation puis au procès des agentes impliquées.
Au-delà des condamnations prononcées, cette décision de justice relance le débat sur les conditions de travail du personnel soignant dans les structures sanitaires locales et sur la nécessité de renforcer la prise en charge des urgences obstétricales en Guinée.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos

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